Préface pour « Les 50 outils du Coach et du Manager-coach » de S. Hémery, N. de Meyer

Il y a cinq ans paraissait la première édition de cet ouvrage, devenu depuis une référence pour les coachs professionnels. Nous sortions alors d’une délicate période de confinements successifs, et la demande de coaching reprenait, portée par le désir d’accompagnements en « présentiel ». Nous avions appris à nous adapter aux contraintes d’isolement en basculant nos rendez-vous personnels et professionnels en visioconférence, mais nous étions heureux de retrouver la liberté de choisir nos modalités d’interaction.

En cinq ans, les modes de travail ont continué à évoluer au rythme des nouvelles technologies : le déploiement du distanciel, du numérique, mais aussi de l’IA s’est accéléré. En coaching par exemple, si le présentiel conserve toute sa valeur, les parcours se sont enrichis de la possibilité du distanciel. Désormais modulables, ils permettent de s’abstraire des contraintes géographiques, offrant ainsi aux personnes en recherche d’accompagnement l’accès à un choix plus large de professionnels.

S’il peut être lui-même utilisateur des nouvelles techniques disponibles, le coach se doit néanmoins de conserver un regard systémique sur ces évolutions et leurs impacts potentiels. Le moment que nous traversons peut, en effet, être source de questionnements, de stress, voire d’angoisse, pour certaines personnes. Or, tandis que le « stress positif » joue généralement un rôle moteur propice à l’action, une trop grande incertitude, une trop forte anxiété sont, au contraire, souvent inhibantes. Comment parvenir à se projeter lorsque le doute et le sentiment de ne plus pouvoir agir sur son devenir envahissent ?

Nous pouvons nous réjouir qu’au cours de ces dernières années les organisations se soient plus largement mobilisées sur des sujets sociétaux importants, tels que les Risques Psycho-Sociaux, la Responsabilité Sociale des Entreprises, la Qualité de Vie et des Conditions de Travail, le handicap, la santé mentale, le harcèlement… Toutefois, ces progrès ne sauraient suffire.

Dans un environnement largement saturé de sollicitations, la séance de coaching offre un précieux contrepoint à la pression permanente. L’être humain ne peut, en effet, vivre durablement dans la tension constante de l’urgence. Il a besoin de temps de recul, de respiration, d’élaboration. Dans cet « espace-temps » particulier que constitue la séance, le coaché s’extrait du flux continu d’informations et d’injonctions à réagir en mode réflexe pour prendre de la hauteur et gagner en capacité de discernement.

Chaque accompagnement est unique. En coaching, la personne est accueillie dans sa singularité, avec son histoire, sa richesse et sa complexité. Respect, non-jugement, bienveillance et confidentialité fondent le cadre sécurisant dans lequel sa parole peut s’exprimer en toute confiance. Elle peut alors déposer ses masques sociaux, parler de ses vulnérabilités, expérimenter différemment sans craintes, et se déployer en mobilisant toutes ses ressources, ses valeurs et ses forces.

La séance de coaching est une rencontre qui permet de mieux se comprendre, d’identifier ses besoins, d’affirmer ses valeurs, d’élaborer ses choix… et les outils du coach sont au service du processus d’accompagnement. L’ouvrage de Solange Hémery et Nathalie de Meyer offre aux coachs et aux managers qui souhaitent développer leur impact, l’opportunité de disposer d’une large palette d’outils afin de pouvoir, à tout moment, y puiser celui qui leur semblera le plus pertinent.   

Sur ce point, bien que l’IA ait acquis une place de plus en plus prégnante dans notre quotidien, il est important de rappeler que tout outil, aussi performant soit-il, reste un outil. Ainsi, l’illusion de “rencontre” que peut produire l’IA conversationnelle ne peut remplacer la rencontre authentique. Si la mise en forme est parfaite, les mots de l’IA ne procèdent ni d’expériences vécues, ni d’émotions ressenties, ni de valeurs personnelles. Ils ne donnent pas accès à la richesse intérieure d’une autre personne, singulière et unique, qui vit, ressent, pense, et partage.

Dans la relation de coaching, la personne est véritablement écoutée, comprise et reconnue. A travers la rencontre, son regard sur elle-même et sur son environnement s’élargit et s’enrichit, elle explore de nouvelles perspectives en prenant appui sur la confiance et le soutien de l’accompagnant. Cette relation authentique repose sur la qualité de présence du coach, sur sa capacité à incarner cette posture, ainsi que sur sa maitrise des outils au service de l’accompagnement. Je remercie Solange et Nathalie, pour leur confiance renouvelée à l’occasion de la parution de cette édition augmentée, que j’invite tous les professionnels de l’accompagnement et du management à explorer pour enrichir leur pratique au quotidien.

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